Home….. chez nous !

Habiter en France rural…..

Depuis le 28 Aout 2007 nous habitons au Domaine du Bac à Ray-sur-Saône. Ray se trouve dans le département Haute-Saône et en région Bourgogne-Franche-Comté. Cette région est peut-être la moins connue, mais elle est aussi la plus bourguignonne : il y a les meilleurs vins, les meilleurs fromages et la meilleure production biologique.

La Maison du Bac est construite en 1840 comme habitation du passeur, mais elle a été rénovée, agrandie et modernisée entièrement en 1997. Après les 60 mètres carrées que nous avions à Amsterdam (privé ET bureau !) la maison de Ray nous donnait 238 mètres carrées PLUS un jardin géant de 33 ares (au début)… 33 ares veut dire : du mal aux muscles si on doit tondre, et 5 jours de travail pour enlever les feuilles mortes en automne. En 2013, l’achat de la maison voisine y emportait encore 200 mètres carrées d’habitation et 17 ares de jardin.

Le Domaine du Bac est situé sur une butte dans les zones inondables de la Saône, environ 150 à l’aval de la source de cette rivière. Elle y est alors encore étroite et peu profonde, mais en temps de pluie elle peut croitre rapidement. Pendant ces crues nous risquons d’être coupés parce que notre chemin d’accès est inondé.

Si la Saône est « en crue » (ce qui veut dire que le niveau d’eau est élevé) l’eau vient presque jusqu’à notre porte d’entrée. Pour être sûr nous avons installé des batardeaux, des cloisons en bois avec des couches de caoutchouc, devant toutes les portes de la maison. Ça devra nous tenir à sec même dans les circonstances exceptionnelles.

Il n’y a pas seulement des désavantages si on habite dans les zones inondables : la construction y est interdite depuis quelques décades, ce qui veut dire que nous ne risquons pas d’avoir des lotissements juste à côté. Il y a aussi une distance importante entre nos maisons et le voisinage : le village se trouve à plus de 600 mètres.

Si jamais nous aurions eu des doutes sur l’accueil des Raylois, il paraissait que nous devions pas avoir des soucis : ils sont gentils, assez libérales, habitués aux étrangers et – comme tous les campagnards – très curieux. Nous avons été bien reçus dès notre arrivée, et nous sommes amis avec de plus en plus de locaux. Comme partout ailleurs il y a des gens agréables et moins agréables à Ray et comme partout ailleurs on ignore les derniers et on embrasse les premiers. L’espace qu’on a disponible ici fait qu’il n’y a aucune raison de s’embêter : l’espace physique donne d’espace psychologique aussi…..

Le jardin du Domaine du Bac joigne la rivière directement, au point kilométrique 324 ce qui veut dire qu’il faut naviguer ce distance jusqu’à Lyon où la Saône débouche dans le Rhône (sans doute vous l’avez vu ; si on part en voiture vers le Midi, le bouchon à Lyon se forme devant le tunnel de Fourvière et tout de suite après le tunnel, l’autoroute croise la Saône, juste à quelques centaines de mètres avant son embouchure dans le Rhône). Malgré la largeur modeste de la Saône proche de chez nous, les péniches de petit taille (appelés « Freycinets ») peuvent naviguer ici. Des amis d’antant nous rendent visite, de temps en temps, comme le bateau « Mazzel » qui est amarré devant notre terrasse à cette photo. L’amarrage n’est pas facile, mais c’est quand-même à préférer parce qu’il permet de se rendre à bord « sur les quatre pattes » après une cuite d’amis…..

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Afgemeerd

Le “Mazzel” a amarré aux soles de notre jardin 

Par la « butte » sur laquelle notre maison est située, les portes se trouvent à presque 200 m dessus le niveau de la mer, juste en dessus le niveau maximal de la rivière. La gérance de la Saône a été améliorée avec les barrages hydrauliques et un système informatique moderne. En plus, on drague la rivière régulièrement afin de tenir le débit aux normes.

Ray sur Saône ressemble le « Middle of Nowhere » : en hiver il n’y a RIEN à faire. Nous nous amusons avec des promenades – il parait que pas moins de CINQ rivières connues ont leurs sources dans cette région, alors nous visitons les sources de la Seine, la Marne, la Meuse, la Moselle ou la Saône – et avec des visites aux métropoles Vesoul, Besançon ou Dijon. Ou encore mieux : nous nous faisons inviter à une des soirées : la bonne bouffe ou des spectacles ou de la musique. Le repérage des tous les restaurants locales suffit pour remplir des centaines de soirées hivernales (et un menu à partir de 13 Euros n’est pas rare !).

Dès que le soleil fait son retour et la campagne redevient vert, le pays silencieux et un peu triste autour de nous change en paradis de verdures, d’oiseaux et parfois de touristes qui passent par la rivière. On mange dehors, on fait des barbecues et on fait la fête. L’été est TRÈS agréable ici, la vie de la Bourgogne. Ça ne vous étonnera pas que nous gagnons un peu de poids, lentement…

 

 

 

 

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